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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 15:03

                                        Quelques mois plus tard, on m'interdisait l'accès à la source qui m'avait tant abreuvé: on m'a sevré, on avait subtilisé le sein divin qui était mien et imposé une sorte de mamelle perforée, visqueuse, malodorante et inconfortable. Le piètre contenu de celle-ci, que mon instinct de conservation me harcelait à ingurgiter jour après jour, était bien loin de rivaliser avec le goût unique et la consistance inégalable de la sève qui me rassasiait auparavant.

" Je me sustentais pour mourir " 

                                       Puis un jour, je ressentis une  affreuse douleur au plus profond de mon être, une douleur si affreuse qu'il ne doit pas exister de mot pour la décrire ; elle avait envahi tout mon corps. J'avais l'impression que l'on déchirait une partie de moi-même. En l'espace d'un éclair, je revécus la terrible rupture du lien qui me scellait à ma mère et dont je garde, jusqu'à l'eschatologique, la douce cicatrice au centre de mon être. Cette douleur indescriptible était si aiguë que j'avais hurlé en un seul cri, tout ce que contenait ma petite poitrine. On arrachait un bout de mon corps déjà meurtri, on tailladait ma conscience encore inconsciente, on déchiquetait ma nature encore inexistante, on lacérait mon esprit encore lueur obscure. On venait de ciseler au plus profond de mon âme le symbole de leur soumission : la circoncision

" Ils ont gravé leur sceau dans ma chair la plus exposée à mes besoins quotidiens afin qu'à chaque instant de mon existence, m'apparaisse  l'alliance que je n'ai jamais conclue ''

                                         Quelques années plus tard, un matin d'octobre, ma très chère grand'mère me conduisit à l'école. J'avais tellement entendu parler de ce jour-là que je me revois, aujourd'hui encore, agrippé au pan de sa robe multicolore, joyeux et altier de porter la blouse grisâtre sur laquelle elle avait fait coudre mes nom et prénom et que je caressais des yeux chaque fois que l'armoire à linges s'ouvrait. J'étais très heureux de me trouver avec d'autres enfants. Mais ma joie fût de courte durée. Celle-ci avait cessé au moment où j'ai vu la plupart d'entre ceux-là crier et pleurer après que le portail de l'école les ait séparés de leurs mamans. Sans m'en rendre compte, je m'étais mis, moi aussi, à pleurer et à crier. Ils avaient peut-être des raisons prémonitoires que j'ignorais encore et qu'instinctivement je soutenais avec ardeur.
                                         Une dame m'introduisit dans un groupe d'enfants en me sommant impérativement de cesser mes pleurs et de prendre la main de mon camarade. Une fois dans la salle de classe, elle m'ordonna de me taire et de ne parler que lorsqu'elle l'autoriserait. A partir de cet instant, j'avais compris que ma conduite se limitait à obéir et à écouter.

  Fleur-fin-page-copie-1.gifSuite Page 4fleche-070-1-.gifLE BOURAGE DE CRÂNE                                                                                                         

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Published by BENA - dans Livres
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