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Dans la commune où je réside depuis plus de trente années, on a détruit un garage à cause de sa vétusté, et à sa place, on a érigé une très belle mosquée. Dès l’ouverture de cette dernière, des mendiants qui n’existaient pas auparavant dans le quartier, sont apparus subitement et depuis, ils ont proliféré jusqu’à déborder les alentours du lieu de culte. Le plus surprenant, c’est le vendredi, ils sont plus nombreux que les autres jours de la semaine ; d’ailleurs un jour, j’ai eu l’impression de voir plus de mendiants à l’extérieur de la mosquée que de fidèles à l’intérieur.
Ne serait-il pas plus judicieux, plus utile et plus humain de construire une sorte de réfectoire où les démunis pourraient s’y rendre afin d’assouvir leur faim plutôt que de leur élever un édifice religieux ? Dieu n’a besoin d’aucun lieu de culte pour Etre, mais l’Homme a besoin de repas pour être .
On raconte qu’il y a très longtemps en Roumanie, il y avait un arbre si grand que sa cime flirtait avec le ciel. Des hommes du Paradis l’ont emprunté et sont descendus dans la vallée et depuis, ils prient Dieu afin de leur prolonger la vie pour ne plus quitter la Terre.
Si cette histoire n'était pas un mythe, ne corroborerait-t-elle pas la conviction que le Paradis n'a jamais été aussi idyllique que veulent le faire croire les textes scripturaires?
Au Liban, l’auteur Randa CHALLITA rapporte qu’une hyène poursuivie par des chasseurs se précipita dans la tente d’un bédouin. Celui-ci envahi de compassion crut que l’hyène lui demandait asile et aussitôt, il s’interposa entre la bête et les chasseurs en leur interdisant de lui faire du mal. Ces derniers partis, le bédouin donna à l’animal à manger et fit ensuite un somme. Peu de temps après, son cousin qui venait lui rendre visite le trouva gisant parterre, le ventre ouvert et devina sans peine que c’était une hyène qui l’avait étripé ainsi.
Faut-il faire la charité à tout prix, même là où il ne le faut pas, au risque de subir un sort tel que celui subi par notre bédouin ?
Voici quelques lignes de l'histoire infinie racontée au Vietnam :
…Et le crépuscule venu, la seule jument des deux fermiers (un vieillard et son fils), n’avait pas regagné la ferme comme elle le fait tous les soirs. Les deux hommes sont très ennuyés et attristés par la disparition de leur bête. Le lendemain, le voisin qui passait par-là, vient les saluer. Contrariés et dépités, les deux hommes lui racontent la mésaventure. « Ne vous lamentez pas ainsi! » Dit le voisin, « Car vous ne savez pas si c’est bien ou si c’est mal ! » Trois ou quatre jours sont passés lorsque la jument regagne la ferme avec à ses côtés, un bel et jeune étalon sauvage. Les deux hommes sautent de joie, s’entrelacent, se congratulent…, ils sont heureux. Le lendemain, le voisin qui passait par-là, vient les saluer. Joyeux et en liesse, les deux hommes lui racontent l’heureux événement. « Ne jubilez pas ainsi ! » Dit le voisin, « Car vous ne savez pas si c’est bien ou si c’est mal ! » Quelques jours après, le fils se casse la jambe en chutant du dos de l’étalon qu’il était en train de dresser. Le père est très malheureux de voir son fils alité pour plusieurs jours. Le lendemain, le voisin qui passait par-là, vient les saluer. Contrarié et dépité, le fermier lui raconte la mésaventure de son fils. « Ne te lamentes pas ainsi ! » Dit le voisin, « Car tu ne sais pas si c’est bien ou si c’est mal ! » Quelques jours plus tard, on déclare la guerre au pays ; ainsi tous les hommes valides sont recensés. Le fils encore alité, n’est pas mobilisé. Le fermier est très heureux de voir sont fils rester à la ferme. Le lendemain, le voisin qui passait par-là, vient les saluer. Joyeux et en liesse les deux hommes lui racontent l’heureux événement. « Ne jubilez pas ainsi ! » Dit le voisin, « Car vous ne savez pas si c’est bien ou si c’est mal ! »…
Le destin existe-t-il ? Car cette histoire nous enseigne que les sentiments propres ne peuvent ni changer ni influencer le cours de l’Existence.
Un jour en Inde, un passant demanda à un maître Soufiste qui buvait du vin si l'Islam interdisait ou non de boire de l'alcool, le maître Soufiste répondit : "Cela dépend de la grandeur de ton âme!" Voyant que l'interlocuteur n'a pas saisi, le maître ajouta : "Vois-tu, si tu verses ce verre de vin dans un seau, l'eau de ce dernier va changer de couleur, mais si tu verses ce même verre de vin dans la mer, celle-ci ne changera pas d'aspect".
Le maître Soufiste a-t-il répondu à la question ou pas ? Pour ma part, je pense qu'il a voulu faire comprendre que le vin se boit comme on dit aujourd'hui: "avec modération".
Le voile
PHOTO DE CLASSE
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