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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 14:52
                                       Le sanctuaire se limite à un tumulus en terre argileuse, édifié à l'ombre d'un arbre et clôturé par un muret que l'on s'amusait, avec les autres enfants de mon âge, à escalader et franchir. Certains visiteurs glissent une pièce de monnaie dans une ope affectée pour la circonstance, souhaitant par ce geste, obtenir une rentrée pécuniaire pour les uns ou une augmentation substantielle de rémunération pour les autres. Les femmes s'assoient autour du tumulus en évoquant les préoccupations et les problèmes rencontrés depuis leur dernière visite. Il faut souligner que pour la plupart d'entre elles, ce jour est une occasion de sortie générant des retrouvailles et surtout l'oubli du quotidien. Tout en discutant, elles passent longuement la main sur la sépulture comme si elles la caressaient (c'est en tout cas, ce que je croyais à cet âge-là), alors qu'en réalité, elles ramassent un peu de la poussière déposée par le vent sur la tombe et s'en enduisent le cou et les bras. Ce faisant, celles qui sont malades sont assurées de la guérison des maux qui les rongent, et celles qui sont saines de leur prévenance.
                                        Presque la totalité du lieu de culte bénéficie de l'ombrage d'un pistachier sauvage devenu sacré depuis l'inhumation du pieux personnage. Des dizaines de petits lambeaux d'étoffe, généralement immaculés, sont continuellement noués aux branches de l'arbre. Ces bouts de tissus s'agitant indéfiniment au gré de la brise de montagne qui persiste fréquemment sur les hauteurs de la colline, me donnaient toujours l'impression d'une myriade de petits oiseaux multicolores virevoltant autour des grappillons de pistaches. Dès notre arrivée, je m'amusais souvent à compter les bandelettes récemment posées, elles sont aisément reconnaissables grâce à leurs couleurs vives et flamboyantes; en outre, je n'avais pas d'énormes difficultés à les repérer car les nouveaux lambeaux sont toujours moins foisonnants que les plus anciens. D'ailleurs, certains d'entre ces derniers sont suspendus depuis si longtemps qu'il est parfois très difficile de deviner leurs couleurs d'origine, celles-ci sont déteintes par le soleil et par le temps. D'autres encore, à force d'être agités pendant des décennies par les vents, sont tellement effilochés qu'ils sont métamorphosés en un enchevêtrement de filaments impossible à catégoriser.
                                         C'était amusant pour le jeune enfant que j'étais de voir les visiteurs s'affairer avec nervosité sur leur petit bout de tissu afin de le nouer fermement à la branche, mais je ne comprenais pas encore que le lambeau doit être fixé de manière à lui  assurer une suspension permanente dans le temps car la validité des quêtes qui lui sont liées, perdure aussi longtemps que celui-là demeure attaché à l'essence vénérée.

Suite Page 8fleche-070-1-.gif LE LIEU DE CULTE

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Published by BENA - dans Livres
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